DANIEL DOBBELS & OSKAR SCHLEMMER

Oskar-‐Schlemmer, Das Triadische Ballett, Zwei Figurinen, Gelbe Reihe II / Le Ballet triadique, deux figures, séquence jaune II, 1919Aquarelle et crayon21,6 × 31,6 cmBühnen Archiv Oskar Schlemmer, collection UJS© 2016 Oskar Schlemmer, Photo Archive C. Raman Schlemmer, www.schlemmer.org

DANIEL DOBBELS

Danseur dans la compagnie de Susan Buirge et de celle de Christine Gérard, mime et chorégraphe de formation, Daniel Dobbels a été critique d’art au journal Libération, puis chroniqueur radio aux émissions Le Panorama (1987-1997) et Tout arrive (2003-2007) sur France Culture. Il a créé la revue de danse Empreintes en 1977.
En 2000, il fonde sa Cie De l’Entre-Deux

OSKAR SCHLEMMER

Oskar Schlemmer est un peintre, décorateur, scénographe et chorégraphe allemand, membre du Bauhaus.
En plaçant l’étude du corps en mouvement et du corps dans l’espace au cœur de sa réflexion artistique, Oskar Schlemmer a posé des jalons précoces et essentiels dans l’histoire des arts scéniques.
Il crée le Ballet triadique en 1922. Œuvre fondamentale du Bauhaus pour la danse moderne, ce ballet se fonde sur une approche pluridisciplinaire du mouvement, dont s’inspireront notamment Alwin Nikolais, Bob Wilson, Philippe Decouflé ou Luc Petton. Ce ballet dure plusieurs heures, et est considéré comme une encyclopédie des conceptions de Schlemmer sur la mise en scène.

Le chiffre trois est très présent dans son oeuvre et restera toujours au coeur de ses recherches. Pour lui, la triade s’explique par la composition du ballet, l’ensemble de ce dernier est constitué en trois parties avec la présence à la fois de la danse, de la musique et des costumes. Et d’après lui on retrouve ce type de triade dans d’autre domaine, comme dans les couleurs fondamentales (jaune, bleu et rouge), les formes de bases (carrée, rond et triangles) ou dans l’espace (hauteur, largeur et profondeur).
Il définit un nouvel espace scénique et donne priorité à l’expression du mouvement, contraignant le corps des danseurs par ses costumes abstraits, imposants et colorés. A travers cette oeuvre c’est tout un univers qui est dépeint. Il résume et réduit volontairement le corps à des éléments ou des formes pures/simples tels que le cercle, la sphère, le cylindre, le cône, à des lignes géométriques et à des couleurs fondamentales. Il cherche ainsi à contrôler entièrement sa création, à la rendre conforme aux lois des ateliers du Bauhaus.

Extrait de l'oeuvre cité dans la machine

TITRE : Est-ce-que ce qui est loin s’éloigne de l’être humain ?
CHORÉGRAPHIE : Daniel Dobbels
ANNÉE : 1999
AUTEUR DE LA PARTITION : Raphaël COTTIN, 2005
DURÉE DE LA PIÈCE : 45 minutes

Propos

Trio dansé par Brigitte Asselineau, Raphaël Cottin et Yarmo, cette pièce est à la fois une approche et une sorte de plan de coupe de l’oeuvre picturale et chorégraphique d’Oskar Schlemmer.

La pièce s’inspire, mais d’une manière toujours indirecte et allusive du corps, du sens de l’espace et, surtout, du temps propre au créateur du « Ballet triadique » Oskar Schlemmer. Ce temps est singulier : il semble immobilisé mais concentre aussi une richesse de mouvements et de gestes très purs, très dessinés, dont les vitesses sont déduites par les corps-mêmes. Cette géométrie, profondément réfléchie par Schlemmer, est toujours menacée par une sourde décomposition, par une forme d’évanescence, de trouble d’espace que sa peinture a portés au regard mais que ses scénographies conjuraient. Cette approche est, elle, obligée de tenir compte de ce fond informel et la conjugue comme un contre-point nécessaire, presque sur un plan dramaturgique, à la compréhension de cette oeuvre.